Chansons bretonnes sur imprimés populaires
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Auteur : Le Jean (Jean-Marie)

Référence : A-00443
Nom : LE JEAN
Prénom : Jean-Marie
Variantes de nom : Ar Iann, Barz Koat an Noz, Eostik Koat an Noz, K., Kloarek Koat ann Noz

Liste des chants pour cet auteur : (19 chants)

Affichage : Titre breton (normalisé) Titre français (normalisé)

Notice du catalogue Ollivier

Le Jean (Jean-Marie). Pseudonyme Kloarek Koat-ann-Noz Il est né le 16 juin 1831, à Plounérin (C.-du-N.), fils nature de Barbe Le Jean; son grand-père était tisserand. Il fut baptisé solennellement le lendemain par l’abbé Quéméner, frère de mon grand-père maternel. Le parrain de l’enfant, Jean-Marie Le Jean, était sacristain : c’est sans doute la raison du baptême solennel.
Aucun renseignement sur lui jusqu’à l’année 1856, où on le trouve instituteur à Loc-Envel, petit bourg situé contre la forêt de Coat-an-Noz (c’est l’origine de son pseudonyme). Déjà il est en relation avec le barde-marchand de vins Lescour, de Morlaix, avec lequel il correspondra jusqu’à la mort de ce dernier (1870).
En 1857, Le Jean est nommé instituteur à l’école primaire supérieure de Guingamp. Quand il se marie (pour la première fois) en 1858, il se fait nommer à Trédarzec. Neuf mois après il perd sa femme, et tôt après il se remarie avec Françoise Caris, veuve du greffier Le Gueut, de Tréguier. A nouveau veuf en 1859, Le Jean sollicite de quitter Trédarzec et de revenir à Guingamp. Il est fait droit à sa demande. C’est durant la période de son deuxième séjour à Guingamp que Le Jean manifestera le plus son activité littéraire : il publie des gwerziou dans la Revue de Bretagne et de Vendée, le Conteur breton (Rennes); d’autres, grâce sans doute à la générosité toujours bien grande de Lescour à son égard, paraîtront sur feuilles volantes; il compose également des cantiques et traduit en breton le Paroissien romain, qu’imprimera H. Vatar, de Rennes; malheureusement l’édition presque entière sera détruite dans l’incendie qui consuma les magasins de l’imprimeur en 1875 (1) : il ne subsiste de ce travail de réelle valeur, dit-on, que les cent exemplaires qui avaient été déjà vendus. C’est également durant cette période qu’il recueillera des manuscrits de mystères bretons, qui feront plus tard partie de la collection L. Bureau, de Nantes.
Le 19 avril 1872, Le Jean perd sa troisième femme, Augustine Robillard, de Guingamp, qu’il avait épousée le 19 avril 1870. Le chagrin que lui causa ce troisième deuil, la malchance qui paraissait le poursuivre furent sans doute les raisons qui le poussèrent à s’adonner à la boisson. Il est envoyé en disgrâce à Pontrieux, à Collinée. Peut-être menacé d’un nouveau déplacement, Le Jean donne sa démission et se réfugie à Paris ou aux environs, muni probablement d’une lettre de recommandation de Luzel, qui était son ami, à l’adresse de H. Gaidoz, alors directeur de la Revue celtique qu’il avait fondée. Les biographies de Le Jean indiquent qu’il mourut à Paris, en 1876, à l’hôpital. Ce décès, s’il est survenu en 1876, n’a pu avoir lieu que dans les derniers mois de cette année-là. A la date du 11 octobre 1876, je trouve ces quelques lignes dans une lettre de Gaidoz à Luzel : « Je viens de recevoir la visite de Lejean qui a quitté Montmorency et cherche une place à Paris! Sur la garantie que vous m’avez donnée de son honnêteté, je l’ai envoyé à Blot, directeur de l’Instruction publique et à Defodon, directeur du Manuel de l’Enseignement primaire. Mais le pauvre homme a contre lui d’avoir l’air un peu fou, de ne pas sentir comme il se rend ridicule avec les histoires de sa troisième et intrigante épouse, et puis — d’avoir l’haleine alcoolique. » Que devint-il après cette visite, je l’ignore.
V. n°s 847, 852, 853, 894 (d’après une lettre de Le Jean à Lescour, 23 décembre 1857); — et peut-être n° 920.
Consulter les lettres de Le Jean à Lescour publiées par Taldir-Jaffrennou (An Oaled, 1931-1932, n°s 38-39) : ces lettres s’espacent entre le 12 novembre 1856 et le 4 juillet 1858. Il est regrettable que la publication n’ait pas été continuée.

(1) « Paroissien en langue bretonne, 1874; toute l’édition, moins 100 exemplaires, brûlée dans ;’incendie ». A. DE LA. BORDERIE, Hippolyte Vatar, Rennes, 1894 (p. 49-50).
[Ollivier, La chanson populaire bretonne sur Feuilles Volantes, p. 311-313.]

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