Chansons bretonnes sur imprimés populaires
Base de données de feuilles volantes

Généralités - Définition des termes

Catalogue et base de données

Quelques évidences méritant peut-être d’être rappelées :
Les bases de données sont la forme moderne des anciens catalogues imprimés. Elles permettent de : Par ailleurs la technologie moderne permet d’offrir la visualisation d’une reproduction des documents eux-mêmes et un accès gratuit via internet là où les anciennes éditions papier ne permettaient que de signaler des références.
Par la suite, dans cette présentation, nous ne parlerons que du site mis à disposition du public mais il est évident, qu’en arrière-plan, le site ne fonctionne que parce qu’il y a une base de données.

« Chansons »

« Chansons » est considéré ici comme un terme générique.
En effet, les textes réunis dans ce site sont effectivement, dans la très grande majorité des cas, composés pour être chantés. La mention « sur l’air de… » en atteste explicitement.
D’une manière générale, toutes ces productions ont en commun le fait d’être versifiées.

Mais leur statut et leur finalité peuvent être très variables : Il est souvent de bon ton de fixer des limites à un corpus !
Autant ceci est nécessaire lors de la réalisation d’une œuvre de type littéraire, autant, dans le cadre de ce site, cette option a paru inopportune, voire inappropriée. En effet, quelle pertinence auraient des limites fixées arbitrairement, dépendant beaucoup plus des intérêts personnels de celui qui établit le corpus que de la bonne prise en compte des productions et des pratiques de la population, si diverses soient-elles. Il a donc été préféré ici de respecter cette diversité des pratiques, même si elles sont foisonnantes, à l’arbitraire de limites présupposées et largement artificielles.

On retrouve d’ailleurs, à une échelle différente, cette même problématique quand on considère le répertoire des chanteurs traditionnels. Tel chanteur préfèrera les chansons sentimentales, ou dramatiques, ou drolatiques, ou politiques, ou de composition contemporaine. Un catalogue ou une base de données n’ont pas pour vocation de favoriser et retenir un domaine plus qu’un autre.
En outre, l’observation des pratiques montre clairement que les chanteurs eux-mêmes se moquent des catégories : une chanson d’amour, un drame ou un cantique peuvent indifféremment accompagner l’épluchage des haricots verts ou la traite des vaches… et ces dernières émettent rarement des préférences !

Cette inadéquation de limites a priori se retrouvera d’ailleurs dans bien d’autres domaines, qu’il s’agisse des auteurs, des supports imprimés, de la langue, des thèmes (voir les chapitres correspondants. C’est l’observation des pratiques et des faits qui doit générer le principe de classement et non un principe arbitraire qui devrait décider de ce qui est pris en compte ou pas.

« bretonnes »

Car le site n’est concerné que par des productions faites en Bretagne, ou par des Bretons, tant en breton qu’en français (ou exceptionnellement en gallo), et généralement relatives à la Bretagne (soit du fait de la langue utilisée, soit du fait du sujet ou de la destination visée par la poésie).

Les pièces présentes sur ce site sont très majoritairement en langue bretonne car c’est ce domaine qui nous intéresse plus particulièrement (assumons notre subjectivité !). Mais il a été jugé préférable de prendre également en compte les chants en français, particulièrement quand ils étaient présents sur la même feuille volante que des chants en breton.

En l’état actuel du site, le travail de compilation des feuilles volantes en français n’a pas été fait. Une partie du travail a été commencée par Vincent Morel en ce qui concerne le domaine de la complainte criminelle mais il n’est pas encore intégré dans cette base.

Outre son caractère géographique et culturel, le terme « bretonnes » permettait de cerner le sujet sans pour autant rentrer dans les subtilités des termes « populaires » ou « traditionnels ». En effet, ces termes convenaient mal pour définir les pièces réunies ici.
Si certains chants peuvent être considérés comme « populaires » car ayant acquis une popularité, (ayant été diffusés assez largement, ayant fait l’objet de diverses éditions), parfois même étant rentrés dans la tradition orale, d’autres semblent n’être restés qu’œuvre écrite et quelque peu confidentielle (avec toute la prudence qu’impose notre méconnaissance des pratiques réelles malgré les quelques 150 000 enregistrements disponibles à Dastum).

« Imprimés populaires »

Nous retrouvons là le même caractère composite que celui déjà évoqué pour le terme « chansons ».

En effet, si ces pièces ont pour point commun d’avoir été diffusées par le biais de supports imprimés à bon marché, quand on regarde dans le détail, de nombreuses variantes sont à distinguer : La prise en compte de ces différents supports s’avère en outre utile car ils se complètent souvent les uns les autres. Ainsi, une chanson pourra être éditée de manière anonyme dans une feuille volante ou un livret mais faire l’objet d’informations complémentaires (d’auteur ou de date, par exemple) sur une coupure de presse ou dans une revue.

Dans l’immédiat, les livres n’ont pas été pris en compte ici par simple contingence de temps et de priorité et non par principe. En effet, l’intérêt primordial reste l’œuvre et non son support matériel.
En outre, il est plus riche d’enseignements de pouvoir suivre la circulation d’une œuvre (dans un livre, une coupure de presse, une feuille volante et dans l’oralité) que d’ignorer cette diversité au nom de limites arbitraires.